Sculptures

Galerie de France, Paris, France 10/02/1981 - 30/03/1981

D'un acteur, on dit qu'il "crêve l'écran" quand sa performance est d'une intensité telle qu'on en oublierait que ce n'est rien là que du "cinéma", - le cinéma, comme chacun sait, qui est affaire de plans, jusque dans le découpage, jusque dans le montage.
Au vu des sculptures que Georges Noël a réalisées en 1980, par assemblage d'éléments plans de forme régulière et répétitive, et découpés à même la tôle, si je dis que ces sculptures crêvent l'écran, c'est d'abord qu'il me plait de saluer pareille réussite et que cet artiste dont le travail de peinture, voici dix ou quinze ans , avait retenu notre attention, fasse aujourd'hui retour sur la scène parisienne, sans plus de "cinéma" qu'il ne l'avait quittée, mais dans la seule lumière qui procède de l'oeuvre d'art quand celle-ci atteint à la manière d'évidence qui lui est propre. Une évidence comme on dit encore, qui "saute aux yeux", mais qui n'y réussit que par le détour d'une opération qui s'apparente, à bien des égards, à celle qu'en mathématiques on nomme démonstration. La réussite de l'espèce, étant d'autant plus manifeste que la démonstration porte sur les conditions mêmes du jeu qui est celui de l'art là et quand la possibilité se fait jour d'une interférence entre deux "séries", ou "théories", et par exemple entre la théorie "Peinture" et la théorie "Sculpture".

Texte Hubert Damisch : (Ré)Introduction, Palenque (Yucatan), décembre 1980, publié dans Hubert Damisch, Georges Noël, Sculptures, Galerie de France, Paris, 1981, p.3.

Catalogue en français. 12 pages.

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