Georges Noël, Peintures récentes

Galerie Hervé Odermatt, Paris, France 03/11/1986 - 03/12/1986

Une des premières démarches de l'homme, comme de l'animal est de marquer son territoire. Le peintre, lui, s'approprie un champ pictural en l'informant, en agissant sur cette matière encore inerte. Georges Noël conçoit le champ pictural comme un interlocuteur noble qu'il ne cherche ni à délimiter, ni à ceindre. Au contraire son action gestuelle, ses signes cursifs ou structuraux vont s'épanouir et s'affirmer dans un espace ouvert qui n'est pas délimité par les bords de la toile et qui virtuellement les déborde. Ce champ opératoire infini permet à l matière picturale de respirer et d'acquérir une certaine autonomie qui rend plus visible encore son appropriation par l'écriture gestuelle ou structurale. dans ses tableaux comme dans ses gouaches et ses dessins l'indépendance relative de l'entité Espace-Matière-Couleur se traduit par l'assimilation des accidents qui surgissent au cours de l'exécution assez rapide de l'oeuvre. Georges Noël sait mieux que tout autre tirer parti d'un défaut dans le support, d'une tâche providentielle ou d'une déchirure. cette aptitude a développé son goût pour les arts populaires et primitifs dans lesquels il décèle un travail analogue, ces derniers "ne vieillissent pas écrit Levi Strauss, ils le doivent à cette consécration de l'accident au service de l'exécution, donc à l'emploi qu'ils cherchent à rendre intégral, du donné brut comme matière empirique d'une signification".

Texte Gladys C. Fabre : Georges Noël, publié dans Gladys C. Fabre, Georges Noël, Galerie Odermatt-Vedovi, Paris, 1986, p.2.

Catalogue en français.

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